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13/06/2017

Les algorithmes sont-ils un pharmakon – remède pour sortir de la tyrannie des modes de vie qu’ils ont eux-mêmes empoisonnés ? - Séminaire de clôture du cycle PhiloMa avec Mark Hunyadi

Tags : Algorithmes; Big data; Modes de vie

Orateurs

Mark Hunyadi

Mark Hunyadi est professeur de philosophie morale et politique à l’Université de Louvain (Belgique), où il dirige aussi le...
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Inscription pour le séminaire de clôture

 

Le mardi 13 juin nous clôturerons notre cycle avec une synthèse du cycle par Laurent Ledoux & Claudine Vlajcic, suivie par une présentation de Mark Hunyadi, philosophe, professeur à l’UCL et auteur d’un livre stimulant : « La tyrannie des modes de vie. Sur le paradoxe moral de notre temps ». En guise de conclusion de notre cycle, Mark Hunyadi développera sa réponse à la question suivante : « Les algorithmes sont-ils un pharmakon – remède pour sortir de la tyrannie des modes de vie qu’ils ont eux-mêmes empoisonnés ? ». Le débat qui s’ensuivra sera l’occasion de partager les enseignements de notre cycle « Y-a-t-il un pilote dans l’algorithme ? ».

 

Les places seront limitées. Ne tardez donc pas à vous y inscrire.

 

Lieu : Ligue des Optimistes, Av. Alfred Solvay, 1, B-1170 Watermael-Boisfort (Bruxelles). Grande maison avec statue de Panthère, en face de l'Eglise de Watermael-Boisfort, de l'autre côté du Boulevard.

Transport public : arrêt de Tram Delleur.

Possibilités de parking devant l'Eglise.

 

Déroulé de la soirée :

19:00 : ouverture des portes et accueil informel des participants

19:30 : Début du séminaire & présentation par l'orateur

20:45 : Collation (pain, légumes variés, vins, jus,...)

21:15 : Débat

22:30 : Fin du débat

 

Extraits synthétique d’un article de Gérard Ayache, commentant le livre de Mark Hunyadi :

 

La tyrannie des modes de vie, dénonce un paradoxe :  notre société valorise par-dessus tout la liberté individuelle et l'autonomie, mais ce qui nous affecte le plus dans notre vie quotidienne - les modes de vie - échappe à toute délibération éthique et démocratique.[…]

 

Dans cette société, l’éthique est devenue la complice du système. […] Le domaine de la robotisation est celui qui donne l’image la plus saisissante de cette démission générale de l’éthique : « Depuis que nous conversons avec des voix préenregistrées au téléphone, que nous obéissons au bip de notre ceinture de sécurité nous ordonnant de la boucler, nous nous sommes accoutumés à un environnement peuplé de machines; depuis que nous gérons notre vie relationnelle, professionnelle, intellectuelle mais aussi quotidienne et administrative par ordinateur, cet environnement logarithmé nous est devenu naturel. »

 

Et ceci n’est rien, ajoute Hunyadi, à côté du monde peuplé d’androïdes qui  seront bientôt chargés d’accompagner nos vieillards, de garder nos enfants, de combattre l’ennemi, d’assister les grands blessés, de garder les prisons, de conduire nos voitures, de surveiller les musées, de régler la circulation, avant qu’ils ne se démocratisent en compagnons de notre vie quotidienne, veillant sur notre sommeil et notre bonne humeur, réglant nos tâches administratives tout en se souciant de notre hygiène corporelle et de notre équilibre diététique. Ils pourront recruter le personnel en sélectionnant les CV, ou être membres de conseils d’administration. Un jour viendra peut-être où l’on pourra épouser son robot, suite logique de ce concubinage pour le meilleur et pour le pire... En tout cas, les recherches de pointe au Japon portent sur les robots empathiques, capables de décrypter les sentiments suffisamment pour pouvoir jouer le rôle de substitut humain dans une relation sociale.

 

Mark Hunyadi nous met en garde contre ce règne des algorithmes qui nous conduisent à obéir à des décisions que nous ne comprenons pas. Il insiste pour nous faire prendre conscience que « L’imagination des chercheurs couplée au capitalisme intelligent n’a guère de limite dès lors qu’il s’agit d’imaginer un monde technologiquement allégé des contraintes matérielles et corporelles qui nous enchaînent au monde ». […]

 

Ainsi, ne nous leurrons pas. Quand Google se dote d’un comité d’éthique mais investit des milliards de dollars dans ses algorithmes toujours plus puissants pour rivaliser avec l’homme, que les grandes firmes de la Silicon Valley et d’ailleurs s’associent pour créer une université de la singularité chargée entre autres de réfléchir sur le transhumanisme, quand les comités éthiques publics ou privés pullulent, comment penser que ces instances puissent réellement émettre la moindre critique du système qui les a installés ? Mark Hunyadi précise : « Il s’agit de blanchir éthiquement un projet qui est en lui-même soustrait à toute critique possible ». Il insiste sur ce qu’il considère comme le point essentiel mais négligé dans la théorie sociale : « l’éthique individualiste libérale et toutes les institutions qui l’incarnent et la soutiennent (chartes, comités, commissions, normes, règlements, déclarations) – cette éthique donc, centrée sur l’évitement des torts, constitue le facteur immatériel le plus important de la reproduction matérielle de nos sociétés. Loin d’être un outil de critique ou de questionnement du système, l’éthique libérale favorise, fluidifie et garantit sa reproduction. » […]

 

Ainsi, en nous focalisant exclusivement sur l’éthique des droits individuels, nous laissons s’imposer à nous des modes de vie que nous adoptons aveuglément.  C’est en ce sens que Hunyadi parle de « Tyrannie des modes de vie ». Pour le philosophe, le « mode de vie » est ce qui s’impose à nous, et qui nous affecte si fortement, tout en étant hors de notre portée.

 

Dès lors, Mark Hunyadi aboutit à l’idée que « puisque le système se reproduit par fragmentation, seule une institution du commun, ou l’instauration d’institutions du commun pourra le défragmenter ». L’outil stratégique qui enrayerait les automatismes d’un système qui se reproduit par fragmentation serait de « produire du commun ». Pour Hunyadi, cela signifie « instiller de la réflexivité, de la pensée, de la critique, enrayer la reproduction automatique du système ».

 

Alors que tout est fait aujourd’hui pour abolir la réflexion, renoncer à la compréhension, estomper toute critique, alors que la société « automatique » comme le dirait Bernard Stiegler, baigne dans un océan d’irréflexion, « comprendre le monde, c’est déjà le transformer ».

 

Comment ? Quel modus operandi ? Pour le philosophe de l’université de Louvain, les outils numériques et les réseaux sociaux – produits emblématiques de nos modes de vie ! – ont un rôle de premier plan à jouer dans la recomposition politique du commun. Il avait évoqué à cet égard l’idée d’un Parlement virtuel dans son dernier livre.

 

Il y a dans cette idée quelque chose de « joyeusement ironique » dit-il, puisque cela permettrait de retourner les évolutions actuelles de nos modes de vie contre la manière dont ces modes de vie évoluent. « En l’occurrence, si Internet est l’exemple même d’une évolution qui a transformé nos modes de vie sans que quiconque en particulier ne l’ait voulu, il pourrait devenir l’outil même qui oppose à cette évolution aveugle, une dynamique de réappropriation démocratique ».



Organisé par : PhiloMa

 

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